UReputation, Epoka ou Blue Lions… Depuis quelques années, les agences digitales ont supplanté les majors de la communication en Afrique.

Le continent africain connaît, en matière de communication politique, une véritable révolution. Dans les années 1990, les agences-conseils françaises se partageaient sans vergogne le marché tant convoité de la communication politique en Afrique.

Mais internet, comme partout ailleurs, a bouleversé ce marché. Alors qu’il n’était que de 7 % en 2016, le taux de pénétration d’internet a plus que triplé en trois ans sur le continent. De quoi sonner le glas pour certains gros acteurs qui n’ont pas réussi à anticiper l’avènement du web.

Pour Havas, Publicis, Image 7 ou Image et Stratégie, les grosses agences internationales impliquées d’ordinaire en Afrique, les contrats se raréfient. Ces dernières années, aucun de ces groupes n’a réussi à s’imposer dans des pays qui leur étaient auparavant acquis.

Havas et, plus récemment, Publicis ne sont par exemple plus dans les petits papiers du président togolais qui a préféré se tourner vers l’agence UReputation, comme nous l’apprend la lettre professionnelle Africa Intelligence. En vue de la présidentielle en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro s’est lui attaché les services d’Epoka.

Si Image 7 continue de s’occuper de l’image d’Alassane Ouattara, ce dernier a confié à Anne Méaux son agacement après avoir perdu la bataille de l’image face aux attaques de Guillaume Soro et d’Henri Konan Bédié, accompagnés respectivement par Epoka et UReputation.

Une nouvelle façon de communiquer

Exit, donc, les Thierry Saussez, Anne Méaux et Yannick Bolloré ? Les agences de communication digitale semblent en tout cas avoir le vent en poupe. Elles ont, ces dernières années, effacé du paysage les agences « old-school ».

L’heure est désormais à l’innovation et la communication est aujourd’hui devenue une bataille d’influence sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Surtout, les agences digitales ont une autre approche de celle des sociétés de communication historiques : là où ces dernières imposaient leur stratégie sans prendre en compte les spécificités locales, les agences digitales semble vouloir accompagner et former leurs clients.

La communication politique ne se fait plus à coup d’articles dans Le Monde ou dans Le Figaro, mais il s’agit désormais de toucher directement les électeurs grâce à des psyops. Ces nouveaux acteurs de la communication politique veulent cibler les populations à toucher pour ensuite leur envoyer des messages ciblés.

Cela séduit, notamment en Afrique, où les dirigeants ne voyaient jusque là pas vraiment les résultats des gigantesques sommes dépensées. Ce n’est pas Laurent Gbagbo, littéralement lâché par Havas lors de la présidentielle ivoirienne de 2010, qui dira le contraire.

UReputation et Epoka tirent leur épingle du jeu

Et cela a donc permis à des groupes plus jeunes de faire leur trou en Afrique et de souvent devancer les majors internationales de la communication implantées ou travaillant sur le continent. C’est le cas d’UReputation, qui s’est frayée une place dans le top 5 mondial des agences digitales, au point de contrarier la concurrence.

Le groupe tunisien est dans le viseur de Facebook qui a tenté de supprimer des pages de plusieurs clients de l’entreprise. Malgré cette tentative vaine de réduire son influence, UReputation est aujourd’hui l’un des leaders de la communication digitale, présente au Togo, en Côte d’Ivoire, en Guinée et dans plusieurs autres pays africains comme le Mali, selon des sources bien informées.

Réputés engagé, Lotfi Bel Hadj, son fondateur, continue à tisser sa toile sur le continent. Dans un autre registre, Blue Lions a également tiré son épingle du jeu. L’agence digitale s’est octroyée de nombreux contrats auprès de sociétés marocaines, ivoiriens, sud-africaines ou kényanes. Bruno Scaramuzzino, fondateur de Meanings, devenu Epoka, continue lui aussi à se développer en Afrique.

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